Développeur web et mobile : un marché qui recrute encore, mais pas n'importe qui
Le marché de l'emploi développeur web et mobile recrute-t-il vraiment ou est-il en train de se fermer ?
Pénurie ou saturation ? Le marché du dev web a changé de visage depuis 2023 : les chiffres disent deux choses à la fois.
A retenir
- Le volume d'offres développeur web a reculé de 20 % en 2025 selon l'APEC : le marché reste actif mais plus sélectif.
- 85 % des recrutements numériques sont toujours jugés difficiles par les employeurs : la pénurie de profils confirmés persiste.
- Les juniors sont les premiers touchés : le premier poste prend désormais 3 à 6 mois en moyenne, contre 1 à 2 mois il y a trois ans.
- Les spécialisations cloud, sécurité et IA restent très demandées même pendant le ralentissement global.
- Un rebond est anticipé pour 2026 (61 160 recrutements IT cadres selon l'APEC) : le creux semble proche de son fond.
Après dix ans d'euphorie, le marché de l'emploi développeur web et mobile traverse un ajustement notable. L'APEC documente une baisse de -18 % des recrutements cadres en informatique en 2024, et les offres pour les développeurs ont reculé de 20 % entre 2024 et 2025. Pourtant, les tensions persistent : environ 85 % des recrutements numériques restent jugés difficiles par les employeurs. La réalité est donc double : moins d'offres au global, mais toujours une pénurie réelle de profils confirmés et spécialisés. Les juniors sont les premiers touchés par ce retournement, tandis que les profils en cloud, sécurité et IA concentrent l'essentiel de la demande. Ce n'est pas la fin du métier, mais c'est la fin du marché où tout le monde trouvait facilement.
Un marché en ajustement, pas en effondrement
Le discours dominant sur le développeur web oscille entre deux extrêmes : la pénurie perpétuelle de talents d'un côté, la saturation annoncée de l'autre. La réalité de 2025 est plus nuancée et mérite d'être examinée avec des données concrètes.
L'APEC documente une baisse de -18 % des recrutements de cadres dans les activités informatiques en 2024, et prévoit une nouvelle contraction en 2025 avec -20 % des offres pour les développeurs. C'est significatif. Après plus d'une décennie de croissance quasi continue, le secteur connaît son premier véritable retournement.
Mais ce retournement ne signifie pas que le métier se ferme. Il signifie que les règles ont changé.
Ce qui s'est passé depuis 2023
La période 2020-2022 a été exceptionnelle : accélération numérique post-Covid, levées de fonds records dans la tech, guerre des talents visible. Les développeurs web négociaient leurs offres avec plusieurs propositions en main. Ce contexte est terminé.
Depuis 2023, plusieurs facteurs se sont cumulés : correction des valorisations tech, vagues de licenciements dans les grands groupes mondiaux, ralentissement des levées de fonds, et intégration progressive de l'IA dans certaines tâches de développement. Les offres ont reculé, et les recrutements de juniors ont été les premiers touchés : -19 % pour les cadres ayant moins d'un an d'expérience en 2024 selon l'APEC.
Le secteur compte aussi une perte nette d'environ 7 000 emplois en 2024, un chiffre inédit depuis longtemps.
Ce que les chiffres ne disent pas
Les statistiques agrégées masquent des réalités très différentes selon les profils. Un développeur full-stack avec une compétence sérieuse en cloud, DevOps ou sécurité applicative reste très demandé. Un profil orienté IA, avec une pratique réelle des LLMs ou de l'automatisation de pipelines, voit son employabilité peu affectée par le ralentissement global.
La Grande École du Numérique observe que les offres en sécurité, cloud et infrastructure représentent plus d'un tiers du total des offres numériques. Le développement web pur (front-end HTML/CSS/JS sans spécialisation) est davantage en concurrence. Ce n'est pas une surprise : le marché a toujours valorisé la rareté de compétences, pas le volume.
Les tensions qui perdurent malgré le ralentissement
Paradoxalement, même dans ce contexte de baisse du nombre d'offres, les recruteurs du numérique continuent de se plaindre de ne pas trouver les profils dont ils ont besoin. Environ 85 % des recrutements numériques sont jugés difficiles selon France Travail.
Comment réconcilier ces deux faits ? D'un côté, moins de postes ouverts ; de l'autre, une difficulté persistante à pourvoir les postes existants. La réponse tient dans la structure du marché : les entreprises cherchent des profils très qualifiés, expérimentés, capables de prendre en main des projets complexes rapidement. Les profils juniors, même nombreux, ne répondent pas à ces besoins. Le marché est donc simultanément en surplus de profils peu expérimentés et en déficit de profils confirmés. C'est un marché à deux vitesses.
Perspectives à horizon 2026
L'APEC anticipe un rebond pour 2026, avec 61 160 recrutements de cadres IT prévus, soit une hausse de 4 % après deux années de baisse consécutive. Ce signal positif doit être lu avec prudence : il indique que le creux est probablement proche, pas que l'euphorie de 2021-2022 va revenir.
Par ailleurs, le baromètre Numeum montre que les startups numériques ont créé plus de 16 000 postes au premier semestre 2025, avec une progression de +4,6 %, et que le métier de développeur reste le plus recherché dans ce segment. L'écosystème startup garde donc une dynamique positive, même si les grands employeurs du secteur consolident.
Le télétravail reste une réalité solide pour les développeurs web : environ 30 % des offres incluent une option de télétravail partiel, et le segment full-remote reste accessible même si moins systématique qu'entre 2020 et 2022.
Ce que tu dois retenir pour orienter ta trajectoire
Si tu envisages ce métier, voici ce que ces données changent concrètement pour toi :
D'abord, la demande reste réelle mais plus sélective. Un profil générique ne suffira pas : il te faut une spécialisation crédible, que ce soit en architecture logicielle, cloud, sécurité, mobile natif ou intégration IA. Les profils introuvables restent introuvables.
Ensuite, le timing compte. Les recrutements de juniors sont en nette baisse, ce qui rallonge le délai entre la fin de formation et le premier poste. Prévoir 3 à 6 mois de recherche active est raisonnable, contre 1 à 2 mois il y a trois ans. Ce n'est pas dramatique, mais c'est un facteur financier à intégrer.
Enfin, le rebond attendu en 2026 favorisera en priorité les profils qui auront continué à monter en compétences pendant la période creuse, notamment sur les sujets IA et automatisation.
Chiffres clés
Baisse offres dev cadres (2025 vs 2024)
Recrutements IT jugés difficiles
Recrutements cadres IT prévus 2026
Questions fréquentes
Est-ce que le métier de développeur web recrute encore en 2025 ?
Oui, mais le volume d'offres a baissé : -20 % pour les développeurs cadres selon l'APEC entre 2024 et 2025. Le marché reste actif mais plus sélectif qu'entre 2020 et 2022, notamment pour les profils confirmés et spécialisés.
Pourquoi y a-t-il moins d'offres alors qu'on parle encore de pénurie ?
Le marché est à deux vitesses : les entreprises ont réduit le volume global d'ouvertures de postes, mais cherchent des profils très qualifiés qu'elles ne trouvent pas. La pénurie touche les experts confirmés, pas les juniors. D'où les deux discours qui coexistent.
Les juniors sont-ils vraiment plus touchés par le ralentissement ?
Oui. L'APEC documente une baisse de -19 % des recrutements de cadres juniors (moins d'un an d'expérience) en 2024. Les entreprises privilégient des profils capables d'être opérationnels rapidement. Le premier poste prend plus de temps à trouver qu'il y a deux ou trois ans.
Quels profils de développeurs sont encore très demandés ?
Les spécialisations en cloud, sécurité applicative, DevOps, mobile natif (iOS/Android) et intégration IA restent porteuses. Les profils full-stack avec une vraie expertise backend ou une pratique sérieuse des outils d'IA sont les moins touchés par le ralentissement.
Est-ce que le télétravail reste possible comme développeur web ?
Oui, c'est l'un des avantages durables du métier : environ 30 % des offres incluent une option télétravail partiel selon les données du marché. Le full remote reste plus rare mais existe, notamment dans les startups et les entreprises tech.
Les perspectives s'amélioreront-elles en 2026 ?
L'APEC prévoit un rebond à 61 160 recrutements de cadres IT en 2026, soit +4 % après deux années de baisse. C'est un signal positif mais modéré : il ne s'agit pas d'un retour à l'euphorie de 2021-2022, mais d'une stabilisation progressive.
L'édito qui ouvre le débat
La pénurie, c'est fini ?
Développeur web : la belle époque du marché en tension est-elle vraiment terminée ?
On t'a promis un métier où les recruteurs te supplient. En 2025, la réalité est un peu différente.
Ce qu'on n'ose pas te dire ailleurs
Le dev web, c'était le plan infaillible : 6 mois de bootcamp, CDI garanti, télétravail et salaire à 5 chiffres. Sauf que le marché a décidé de corriger ce fantasme. -20 % d'offres en 2025, -19 % de recrutements juniors en 2024 : des milliers de reconvertis se retrouvent à chercher leur premier poste pendant 6 mois dans un marché qui se rétrécit. L'IA en prime, qui commence à faire une partie du code. Le timing est parfait.
Le contre-argument
Mais soyons honnêtes : même en plein ralentissement, 85 % des recrutements numériques restent jugés difficiles par les employeurs. Les profils vraiment bons, avec une vraie spécialisation, continuent d'être chassés. Et l'APEC prévoit un rebond en 2026. Le métier ne se ferme pas, il se filtre. Ce n'est pas une mauvaise nouvelle si tu arrives avec un profil sérieux.
Alors, la pénurie est-elle terminée ou juste plus sélective ? Donne ton avis : le dev web reste-t-il un bon pari en 2025 ?
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